A Morlaix, l’intersyndicale du privé dénonce les agissements de la direction

vendredi 20 mai 2022


La conférence de presse du mardi 17 mai a permis aux salarié.es et à l’intersyndicale du privé de dénoncer les agissements de la direction. Une action intersyndicale dans lequel le SUNDEP s’est grandement investi.

Voici les articles de la presse locale :
https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/l-intersyndicale-denonce-la-souffrance-de-personnels-dans-les-etablissements-catholiques-associes-du-pays-de-morlaix-18-05-2022-13032703.php

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/les-syndicats-denoncent-un-malaise-dans-les-etablissement-catholiques-associes-du-pays-de-morlaix-cd87c2aa-d67d-11ec-ad4b-9f2aae12236c

Ouest-France

Les syndicats dénoncent un malaise dans les Établissements catholiques associés du pays de Morlaix

« Il n’y a rien de pire pour un prof que de ne pas réussir à faire son boulot correctement », dit Pascale Picol, secrétaire académique pour la CGT EP (établissement privé). Mardi 17 mai 2022 au soir, elle s’est réunie avec Marie-Claire Tréguer, mandatée par la CFDT FEP (Fédération de la formation et de l’enseignement privés) et Albine Belinger, secrétaire académique pour Sundep-Solidaires.
Une cinquantaine de témoignages

Près d’une vingtaine d’enseignants et de personnels du groupe scolaire Ecam (Établissements catholiques associés du pays de Morlaix), étaient également présents. Depuis plusieurs mois, la colère gronde dans leurs rangs. L’Ecam regroupe les collèges Saint-Joseph, Saint-Augustin, Sainte-Marie et le lycée Notre-Dame-du-Mur – Le Porsmeur, soit environ 1 850 élèves, 220 enseignants et 53 « personnes du droit privé », qui dépendent non pas de l’Éducation nationale, mais de l’Organisme de gestion de l’enseignement catholique (Ogec), et 25 AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap).

« Il y a une souffrance générale », glisse une participante. En cause, un « management toxique », d’après les syndicats. Surcharge de travail, manque d’effectif, pressions… Lorsque le personnel s’exprime, la liste est longue. En septembre 2021, les syndicats ont reçu une lettre, anonyme, de plusieurs pages, dénonçant, par exemple, un grand malaise et pointant du doigt la gestion des établissements. Depuis, une cinquantaine de témoignages allant dans ce sens ont déjà été recueillis par les syndicats. Ils souhaiteraient qu’un audit externe soit mené, « au niveau humain et financier ».

Au fil des mois, plusieurs fois, des rencontres qui devaient permettre aux trois partis d’échanger (syndicats, coordinateur de l’Ecam et DDEC) ont été annulées ou repoussées, par absence des uns ou des autres, rendant le dialogue difficile.
« Aucun dysfonctionnement objectivable pour le rectorat »

Contacté, le coordinateur Ecam, Thierry Lavarec, explique par mail que « lors du dernier CSE du 10 mai, il a été fait état de situations de personnels ou d’enseignants qui évoquent des difficultés ressenties du climat social au sein du groupe. J’ai souhaité rencontrer les délégués départementaux dès le mois d’octobre ». Un rendez-vous est prévu avec les représentants des syndicats, le 23 mai 2022.

Les syndicats ont alerté le rectorat ainsi que la direction départementale de l’enseignement catholique en Finistère (DDEC). Contacté, le rectorat confirme qu’il « a bien été saisi officiellement par une intersyndicale départementale […]. À ce jour, les autorités académiques n’ont constaté aucun dysfonctionnement objectivable. Le rectorat reste attentif à l’évolution de la situation […] ».

Du côté de la DDEC, elle indique elle aussi avoir été informée de la situation. Elle a échangé par deux fois avec les syndicats. Elle annonce avoir proposé « que les personnes susceptibles d’être concernées adressent un courrier ou prennent rendez-vous […], la confidentialité leur étant garantie. À ce jour, un seul courrier a été reçu ».

De leur côté, fait rare pour des établissements privés, les syndicats envisagent de déposer un préavis de grève. « C’est hors de question de faire la rentrée de septembre 2022 comme ça », concluent-ils.


Le Télégramme

L’intersyndicale dénonce la souffrance de personnels dans les Établissements catholiques associés du Pays de Morlaix

À la suite d’une lettre anonyme alertant sur la situation de personnels à Ecam, le groupe scolaire privé sous contrat du Pays de Morlaix, des syndicats ont cherché à « améliorer la situation » depuis « octobre 2021 ». Cette fois, avec des non syndiqués, ils ont décidé de briser l’omerta sur « ce problème ».

C’est à la Maison du peuple, à Morlaix, que l’intersyndicale, formée par les syndicats CFDT, CGT et SUNDEP-Solidaires, a convié la presse, ce soir du mardi 17 mai 2022. Ils sont une vingtaine autour de la table, syndiqués mais aussi non syndiqués, « salariés Ogec comme AESH et professeurs des 1ers et 2e degrés » qui veulent dénoncer la « souffrance » qui touche « nombre d’entre eux » dans le groupe Ecam (Établissements catholiques associés du Pays de Morlaix). Et qu’ils imputent à « la politique de management de leur direction ».
Qu’est-ce qu’Ecam ?

Pour rappel, ce groupe scolaire, privé sous contrat, a été créé en 2015 sous l’influence notamment de Yannick Coulouarn, qui en fut le responsable jusqu’en 2016 et ce jusqu’à l’arrivée de Thierry Lavarec.
À lire sur le sujetEnseignement privé. Thierry Lavarec succède à Yannick Coulouarn

Ce dernier, toujours à sa tête, coordonne les établissements de l’école primaire de Saint-Joseph, les collèges Saint-Joseph et Saint-Augustin de Morlaix et le collège Sainte-Marie de Saint-Thégonnec, ainsi que les lycées Notre-Dame-du Mur et le Porsmeur à Morlaix. Si elles sont mises en avant sur le site d’Ecam, les écoles du Sacré-Coeur et l’école Notre-Dame-de-Lourdes, de Morlaix, n’en font, elles, pas administrativement partie.
Pourquoi solliciter les médias ?

Ce mardi 17 mai, ceux présents se déclarent « démunis après des mois à tenter de régler la situation en interne » et décident de faire un pas en direction de l’extérieur, les médias. Objectif : « Se faire entendre et améliorer la situation pour le personnel du groupe Ecam pour réussir à bien travailler ensemble ». Il y a de l’émotion autour de la table, il y a aussi beaucoup de références à leur cœur de métiers tourné vers leurs élèves.

Cette réunion est historique aussi car c’est la première fois qu’un conflit est rendu visible dans ce groupe privé. « En 2015, nos organisations avaient d’ailleurs alerté le Rectorat sur les risques découlant de la formation de cet ensemble scolaire », souligne l’intersyndicale. Des risques notamment sur « la gestion humaine, sur le management »…
« Une cinquantaine de témoignages »

Pour les syndicats, le problème soulevé - le management au sein d’Ecam- pose la question du « contrôle des directions des établissements » privés. Pour eux, « c’est le flou entre le Recteur académique et la Direction diocésaine », les deux instances qui sont responsables et au-dessus du groupe Ecam. Un problème que l’intersyndicale pose sur la table médiatique après « avoir cherché à avertir les uns et les autres ».
Pour les trois syndicats, ces instances sont « trop distantes » du terrain et bien loin de « comprendre ce qui se passe » parmi les membres du personnel d’Ecam, comme « la peur de témoigner en donnant son nom »…Pourtant, l’intersyndicale l’affirme : ces dernières semaines, elle a déjà recueilli « une cinquantaine de témoignages ». Pour rappel, le groupe Ecam compte « 220 enseignants, 53 personnels de droit privé et 25 AESH ».

Ce mardi 17 mai, lasse de ses démarches entreprises depuis ce jour d’été 2021 « où une lettre anonyme de six pages a été adressée à chaque syndicat », lasse de « rappeler la nécessité de protéger les témoignages », l’intersyndicale a décidé, avec les non syndiqués présents, de demander « un audit extérieur et intégral pour risques » et une « enquête académique ».
Thierry Lavarec, le Rectorat, l’Enseignement catholique du Finistère

À la suite de cette réunion, la rédaction a donc cherché à connaître la position actuelle des protagonistes aux postes de directrice. Comme Thierry Lavarec, le coordinateur d’Ecam, le Rectorat à travers son service de communication et la Direction de l’enseignement catholique du Finistère… Aucun d’entre eux n’a réagi favorablement à ces deux demandes de l’intersyndicale et des personnes non syndiquées formulées à la presse.
Chacun a justifié son action, ses réunions et son attitude ces derniers mois. Ainsi, Thierry Lavarec s’est décrit comme étant « toujours ouvert au dialogue et souhaitant être dans l’écoute ». Le Rectorat a affirmé n’avoir « à ce jour constaté aucun dysfonctionnement objectivable » mais « reste attentif à l‘ évolution de la situation et a sollicité l’intersyndicale afin d’obtenir des faits objectivables ». Le Directeur de l’enseignement catholique du Finistère a rappelé aussi sa proposition de recevoir « les personnes susceptibles d’être concernées, la confidentialité leur étant garantie ». Le président de l’Ogec-Ecam n’a, lui, pas encore répondu à la rédaction.

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